samedi 7 novembre 2009
Dalle Ardenne All'Inferno
Ennio Morricone & Bruno Nicolai
Beat Records (Infos et track-listing)
Disponible le 1er décembre. Edition limitée à 1 000 ex.
Film réalisé en 1967 (infos) : La gloire des canailles.
Ce score a précédemment été édité en LP puis en cd (couplé avec "Il sorriso del grande tentatore) par Beat Records mais ils ne contenaient que 5 morceaux (environ 15') en mono. Cette édition propose le score complet en stéréo soit près de 50' de musique supplémentaires inédites !
Le Voyage Dans La Lune
Robert Ian Winstin / Louie Hurwitz & Marie Spinosa / James Guymon / Don Myers
ERM Media (Infos)
Disponible. DVD + CD.
Film réalisé en 1902 (infos).
Quatre scores ont été composés pour le classique de Georges Melies. Le DVD propose le film avec les quatre différents scores et le cd les reprend dans leur intégralité.
Redwoods
De Stijl Music
Disponible. Téléchargement uniquement.
Film (infos). Pas de sortie en salle en France prévue à ce jour.
Cette édition propose 21 morceaux pour une durée totale d'environ 39'.
vendredi 6 novembre 2009
Alice
Varese Sarabande
Disponible le 15 décembre.
Mini-série (infos). Pas de diffusion en France prévue à ce jour.
2ème adaptation d'"Alice au pays des merveilles" réalisée par Nick Willing. La précédente, il y a dix ans, avait été mise en musique par Richard Hartley (aussi édité par Varese Sarabande).
Reclaiming The Blade
Lakeshore Records (Infos)
Disponible le 23 novembre.
Documentaire (infos). Pas de sortie en salle en France prévue à ce jour.
En plus du score, cette édition propose des morceaux (ou chansons) de Toshak Highway, Daniel McNicoll, Aurah ou Triskela.
Nakumonka
VAP
Disponible.
Film (infos). Pas de sortie en salle en France prévue à ce jour.
jeudi 5 novembre 2009
That Championship Season
La-La Land Records (Infos, extraits et track-listing)
Disponible le 10 novembre. Edition limitée à 1 200 ex.
Film réalisé en 1982 (infos) : L'année du championnat.
Ce score est totalement inédit, en LP comme en cd.
Inspector Clouseau
Kritzerland (Infos, extraits et track-listing)
Disponible en novembre. Edition limitée à 1 000 ex.
Film réalisé en 1968 (infos) : L'infaillible inspecteur Clouseau.
Ce score a précédemment été édité en LP par United Artists. Cette édition, la première en cd, propose le même contenu.
MarPiccolo
CAM (Infos, extraits et track-listing)
Disponible.
Film (infos). Pas de sortie en salle en France prévue à ce jour.
mercredi 4 novembre 2009
[L'actu / En salle] Semaine du 4 au 10 novembre
La sortie du cd de "A Serious Man" (infos) est repoussée au 24 novembre.
Idem pour le cd de "Panique au Village" (infos) qui lui, a été repoussé d'une semaine. Il sera disponible le 9 novembre.
Selon le site officiel de Charles Bernstein, les scores de "The Entity" et de "White Lightning" seront prochainement disponible en cd. Pour "The Entity", c'est Intrada qui va l'éditer (et à priori tout prochainement).
La retranscription du livret du cd de Philippe Sarde à venir dans la collection "Ecoutez le Cinéma !" est à votre disposition depuis hier (ici). Pour rappel, celui du cd de John Barry, "Americans", l'est aussi ici. Les cd sont toujours prévus pour une sortie le 16 novembre.
Une interview (in english) d'Alexandre Desplat est à écouter ici.
Une longue et intéressante interview de Rick Clark (de chez Silva Screen) a propos de la compilation "The Definitive Horror Music Collection" (infos) est à lire ici.
Les 18 et 19 décembre à Toulouse aura lieu le colloque interdisciplinaire Musique et Cinéma - Harmonie et Contrepoints :
"La lecture de l'histoire conjointe de la musique et du cinéma permet de repenser le rôle de la bande son, ce triple support narratif, enveloppant le spectateur de la densité d'un volume sonore où l'effet de réel se mêle parfois intimement au fictionnel.
Mais la musique au cinéma, c'est aussi le foisonnement des films musicaux dont certains n'ont survécu au temps que par la grâce de la bande son ; ou encore la vulgarisation d'un genre élitiste rendu accessible au grand public ou bien la transposition filmique d'un opéra qui rejoint la vocation de l'art total.
Indissociablement liés à l'histoire du cinéma (et souvent à l'histoire même du film qu'elle accompagne), les thèmes musicaux ont acquis leur maturité par des compositions originales dont la dimension signifiante a pu atteindre le symbole si l'on en croit l'immense succès de bandes originales à valeur de synecdoque.
Cette rencontre se propose d'examiner les divers aspects des relations entre la musique et le cinéma autour de trois axes :
· Le film musical et ses liens avec le contexte artistique d'une époque, d'une culture, la représentation de l'art musical à l'écran.
· La musique d'accompagnement et son rôle narratif : volonté du réalisateur, double narration complémentaire ou contradictoire.
· La composition originale comme fruit d'une collaboration entre le compositeur et le réalisateur : démarche, dimension, création qui participent pleinement à la constitution d'un genre spécifique.
Le colloque se déroule sur deux journées et fait appel à des chercheurs spécialisés dans l'étude du rôle de la musique dans le film et de la musique de film ainsi qu'à des musicologues et des professionnels du cinéma."
Les intervenants seront, entre autres, Gérard Dastugue, Séverine Abhervé, Jérôme Rossi, Philippe Gonin, Alexandre Tylski et Cécile Carayol. L'événement débutera à 9h à la salle Tolosa de l'Institut Catholique de Toulouse. Infos complètes : PDF du flyer
Mise à jour :
Ajout du visuel de Cracks.
En salle :
(titre français / original - réalisateur : compositeur - édition éventuelle du score)
Away we go - Sam Mendes : Alexi Murdoch - édité par Nettwerk Records. (infos)
The box - Richard Kelly : Win Butler, Régine Chassagne & Owen Pallett (Arcade Fire).
Le concert - Radu Mihaileanu : Armand Amar - édité par Columbia. (infos)
La grande vie - Emmanuel Salinger : Pierre Bertrand - édité par Cristal Records. (infos)
Les herbes folles - Alain Resnais : Mark Snow - édité par StudioCanal. (infos)
La loi de Murphy - Christophe Campos : Loïk Dury & Christophe "Disco" Minck.
Navidad - Sebastian Lelio : Cristobal Carvajo.
Saw 6 - Kevin Greutert : Charlie Clouser. (song cd édité par Trustkill Records).
Visage - Tsai Ming-Liang : Jean-Claude Petit.
Walter, retour en résistance - Gilles Perret : pas de musique originale. (doc)
"40 Films - 40 Bandes Originales"
Larghetto (Infos et track-listing)
Disponible le 3 décembre. 17 cd.
Ce coffret propose donc 40 scores (répartis sur 17 cd) dont plusieurs titres inédits en cd (Lévy et Goliath, Dupont-Lajoie, La femme abandonnée, Le loup blanc, Les racines du coeur, Le complot du renard...) et quelques titres devenus très rares (La vouivre, Michel Strogoff, Les aventures de David Balfour, Les roses de Dublin...). Les scores restant offrant eux aussi, pour certains, des morceaux jamais édités en cd (voir lien ci-dessus). Vu le copieux contenu et son prix, moins d'un cinquantaine d'euros, ce coffret est tout simplement incontournable !
The Three Treasures
Toho
Disponible. Double cd.
Film réalisé en 1959 (infos). Titre original japonais : Nippon tanjo.
Ce score est totalement inédit. Cette édition le propose dans son intégralité avec en bonus, des morceaux alternatifs ainsi que des morceaux non retenus
La Grande Vie
Cristal Records (Infos, extraits et track-listing)
Disponible le 5 novembre.
Film (infos). En salle le 4 novembre.
Attentato Ai Tre Grandi / Africa Ama
Saimel
Disponible. Edition limitée à 500 exemplaires.
Film réalisé en 1967 (infos) / Documentaire réalisé en 1971 (infos) : Les chiens verts du désert / Africa Erotica.
Ces deux scores sont totalement inédit.
mardi 3 novembre 2009
[Bonus] Le Choc / J'ai Epousé Une Ombre
Plus que quelques jours avant la sortie du cd (disponible le 16 novembre - infos). Pour patienter, voici la retranscription en exclusivité et en totalité du livret où Philippe Sarde et Robin Davis reviennent sur leur collaboration. Passionnant !
Robin Davis :
«Philippe Sarde est le compositeur pour l’image qui sait le mieux parler aux cinéastes.»
«Philippe Sarde possède une immense qualité : il vous donne l’impression que vous êtes le meilleur metteur en scène au monde, le plus sensible et intelligent. Grâce à votre talent, il va écrire la plus sublime partition de l’histoire de la musique de film. Et franchement, ça vous rassure. Car un cinéaste doit déjouer tant de pièges de la production, des comédiens, doit lutter contre le temps, jongler avec les moyens qu’on lui accorde… Après avoir reçu tellement de coups, l’irruption de Sarde fait l’effet d’un baume réparateur.» C’est avec ces mots que Robin Davis évoque son indispensable complice le temps d’une collaboration inaugurée avec Le Choc, en 1982. Leur amitié se noue dix ans plus tôt, à l’époque de La Valise, quand Sarde investit la galaxie Lautner, au sein de laquelle Davis fait office de secrétaire, assistant et réalisateur seconde équipe. «Chez les Lautner, se souvient Sarde, Robin jouait le rôle de l’ami de la famille, comme moi d’ailleurs. Souvent, on se retrouvait le dimanche chez Georges et sa femme Caroline, à Neuilly. C’était une une sorte d’amicale, soudée autour de la personnalité de Georges. On parlait de la vie, du cinéma, des projets. Il y avait un état de grâce, une ferveur à être réunis. Pour Robin et moi, c’étaient nos trente ans.» Deux ans plus tard, Robin Davis s’émancipe de l’ombre tutélaire de Georges Lautner pour réaliser son premier long-métrage, Ce cher victor, comédie cruelle mise en musique par Bernard Gérard, compositeur de Ne nous fâchons pas. En 1979, ce sera le coup d’éclat d’un thriller sec et nerveux, La Guerre des polices, qui lui vaut une avalanche de sollicitations. «Brusquement, précise Davis, les décideurs m’ont catalogué comme un nouveau spécialiste du polar. Lebovici m’a proposé L’Instinct de mort de Mesrine, Mnouchkine Garde à vue… J’ai tout refusé, en bloc. Les producteurs Alain Sarde et Alain Terzian ont amené une autre idée : «Tu vas faire un film avec Delon !» Je l’avais côtoyé sur Les Seins de glace et je le trouvais difficile d’accès. Mais ils ont insisté : «Ca va te faire passer à la vitesse supérieure !» J’ai eu la faiblesse de les croire…» Impression confirmée par Philippe Sarde : «Franchement, le principe même de l’entreprise m’a effrayé : je ne pouvais pas imaginer Robin, tellement doux et bienveillant, face à Alain Delon, monstre sacré qui tétanisait tout cinéaste, Lautner inclus. Dans Le Choc, Delon faisait tandem avec Catherine Deneuve sur un sujet qui, entre nous, n’avait rien de bien fracassant, ni de très novateur.» A la décharge de Robin Davis, le scénario qu’il soumet à ses producteurs (une adaptation de La Position du tireur couché de Jean-Patrick Manchette) est littéralement javellisé par une cascade de concessions. «Toutes les idées singulières venant de Manchette, auteur libertaire et anarchiste, ont été sacrifiées au profit des codes deloniens traditionnels, insiste Davis. J’avais rêvé d’un polar nihiliste et je me retrouvais à façonner un produit aseptisé, une pierre de plus à l’édification du mythe Delon. Le tournage a été mouvementé. A dix reprises, j’ai voulu sortir de ce piège, rendre les clés du film. A chaque fois, Delon me retenait, d’une façon plutôt sympathique d’ailleurs : «Tenez bon Robin, on a besoin de vous !» Tout s’est achevé dans la tension. J’ai même laissé Delon mettre en boîte la séquence pré-générique, à Marrakech. Je ne supportais plus de me battre pour un projet qui n’était plus le mien.»
C’est un Robin Davis désabusé qui entame le montage du Choc, fin 1981 : «J’étais en perdition, totalement. Heureusement, Philippe est arrivé en grand sauveur, en Superman du triolet, avec sa faconde et son enthousiasme : «Ne t’inquiète pas, ton film, on va le faire tenir debout !»» Le compositeur garde un souvenir identique, à l’issue de la première projection de travail : «Mon ambition était simple : monter au créneau pour que, grâce à la musique, Le Choc ne soit pas un simple téléfilm. Le sujet ne tient à rien : dramatiquement parlant, la partition devait l’épaissir, lui injecter une singularité. D’une certaine manière, il a fallu que je viole musicalement Robin pour lui faire accepter l’inacceptable. C’est-à-dire réunir des solistes de haut vol pour une partition hors normes, en équilibre entre rock, jazz fusion et romantisme. Je voulais une pulsion d’énergie, de modernité. Ecoutez le thème principal : j’y reprends et développe un motif issu de Lancelot du lac, mais sur une rythmique rock, avec en soliste l’immense Wayne Shorter à qui j’ai demandé de retrouver au saxophone soprano une équivalence au timbre de la bombarde. Comme une transposition inattendue d’un instrument folklorique sur un instrument de jazz… A l’arrivée, ça produit un timbre difficile à identifier, un timbre mutant, qui colle aussi bien au versant violent, policier, qu’aux moments lyriques, sur l’histoire d’amour entre Delon et Deneuve. Pour moi, Le Choc, c’est une extension directe aux grands mélanges de César et Rosalie ou Coup de torchon. Une rythmique de jazz rock, les musiciens de Weather report, le London Symphony Orchestra, Shorter en soliste… C’était une prise de risque énorme : forger un son aussi original sur un film de grande consommation, qui nécessitait des thèmes clairs, lisibles… mais au traitement insolite.» Avec le recul, Robin Davis se souvient avec gratitude de ce sauvetage en haute mer : «Par la musique, Philippe a recréé une histoire à côté de la mienne, il a ramené Le Choc vers ce qu’il aurait pu, aurait du être. Et j’adore le lien invisible avec Lautner : cinq ans après Stan Getz sur Mort d’un pourri, c’est toujours Delon-Sarde mais avec un nouveau saxophoniste, noir américain, Wayne Shorter. Et puis, Philippe a capté une particularité qui existe de façon imperceptible et ineffable dans cette œuvre : mon désir de détruire le film de l'intérieur, d'en saper les fondations. Un exemple : j’ai fait de Catherine Deneuve une fermière, éleveuse de dindons en Bretagne ! C’était grotesque, certes, mais voulu et assumé. Philippe a immédiatement perçu le douzième degré : «Il faut aller encore plus loin, magnifier la situation. Ta dindonnière, je vais en faire une reine !» Là-dessus, il a ajouté une musique grandiose à la Lully, avec orchestre et mandolines, façon les grandes eaux de Versailles. Au premier abord, ça sauve la scène ; au second, c’est aberrant mais génial, selon la formule de Philippe ! Néanmoins, je suis toujours surpris quand, aujourd’hui, je rencontre des gens qui aiment Le Choc. Je les mets aussitôt à l’aise : «Excusez-moi, c’est mon plus mauvais film !» (rires)» Un point de vue que le compositeur nuance : «Curieusement, Le Choc s’est bonifié avec les années. C’est un produit de confection courante, rehaussé par un couple mythique et la fiabilité technique de Robin. Le film ne vaut ni plus, ni moins que les autres polars usinés par Delon à l’époque, comme Trois hommes à abattre ou Pour la peau d’un flic.»
Sans faire d’étincelles, Le Choc connaît une trajectoire honorable au box-office. De quoi permettre à Robin Davis d’initier un nouveau projet, personnel cette fois. «J’avais envie de réactiver un genre tombé en désuétude, le mélodrame, raconte-t-il. Mais en partant d’un roman de William Irish, I married a dead man. L’équation dramatique du film est simple : une mère, un enfant, un grand malheur, un sauvetage, une famille d’adoption, le bonheur retrouvé.» «Ma première impression de J’ai épousé une ombre a été catastrophique, sourit Philippe Sarde. C’est un sujet qui réclamait de l’ampleur et que Robin avait monté comme un film d’action, très sec, elliptique. J’étais sur le départ, une production m’attendait à Los Angeles, et j’ai donné à Robin une seule consigne : «Fais-moi un montage très large. Ne focalise pas sur l’intrigue policière, fais respirer les images, fais entrer les grands espaces, les vignobles… Alors le lyrisme viendra et je l’intensifierai par la musique.» A mon retour, ce n’était plus le même film : de son thriller, Robin avait fait un polar romantique, doublé d’une réflexion sur l’identité. Contrairement au Choc, j’ai opté pour une écriture classique ou néo-classique : entre romantisme et impressionnisme, entre Ravel, Poulenc… et Albeniz, car le film se déroule dans le Bordelais, pas loin de l’Espagne. Cette inspiration-là est savoureuse sur une série noire américaine transposée dans un contexte français, sous influence ibérique. Dans mon parcours, J’ai épousé une ombre appartient à la famille de La Veuve Couderc, de Tess, à ces films qui respirent la nature et où j’ai pu exprimer l’aspect romanesque de ma personnalité.» Pressentant le potentiel commercial du film, Sarde va même jusqu’à convoquer Jean-Loup Dabadie, son parolier de La Chanson d’Hélène, pour élaborer une chanson destinée à Johnny Hallyday, alors compagnon de Nathalie Baye. Si, pour le générique de fin, Robin Davis lui préfère le final orchestral, la chanson J’ai épousé une ombre figure parmi les grandes fiertés de Sarde : «De toute ma carrière, et dieu sait si j’ai dirigé de grands interprètes, j’ai rarement vécu une telle situation : Hallyday déboule en studio et, en deux prises, tout est bouclé. Ce type secret, finalement assez réservé, dégage une force, une énergie surhumaine dès qu’on le place derrière un micro. La chanson a participé à la promotion du film, à son succès populaire. J’étais ravi et fier pour Robin, qui prenait là une éclatante revanche sur les brimades du Choc.»
Capitalisant sur cette réussite, Robin Davis prend le risque d’une aventure originale, dans tous les sens du terme, nourrie par son expérience personnelle. «A vingt ans, souligne-t-il, j’avais été moniteur de centre aéré, à Ivry, en devant canaliser des jeunes très durs, des fortes têtes. Ces souvenirs ont alimenté le scénario d’Hors-la-loi. Je me revois le raconter à Alain Sarde : «C’est l’histoire d’ados difficiles qui s’échappent d’un centre de redressement. Dans leur fuite, ils dévastent une partie de la France.» Réaction : «Tu veux vraiment que je fasse faillite ?» Il ne croyait pas si bien dire ! Concernant la bande originale, le choix de Philippe ne tombait pas sous le sens. A un moment donné, j’ai caressé l’idée d’engager un groupe de rock qui ait l’âge de mes personnages. Philippe m’a engueulé : «Tu plaisantes ? Il ne te faut pas une soupe rock… mais une véritable musique de fiiiillllmmm !» (rires) Je lui ai défini l’esprit du projet : «C’est un film épique, sur des gosses lâchés dans la nature. Ecris-moi une partition de western !» A vrai dire, je subissais l’influence de Délivrance de John Boorman : Hors-la-loi en reproduit plusieurs épreuves initiatiques, celle des rapides notamment. Et là, Philippe a bondi sur l’idée du banjo : il ne m’a pas amené un banjo mais LE banjo de Délivrance, Eric Weissberg !» «Dans l’écriture d’Hors-la-loi et le choix des solistes, il y a une dimension américaine, presque folk, complète Sarde. Alors que paradoxalement, j’ai enregistré en France avec l’Orchestre de Paris, mais enrichi de Warren Bernhardt, Steve Gadd, Weissberg… C’est une partition schizophrène, scindée entre une partie rock très datée, très plombante, et une partie plus lyrique, plus audacieuse, que j’ai conservée sur le présent album. Comme un clin d’œil furtif à Polanski, j’ai à la fois repris deux phrases du Locataire… et surtout l’incomparable Bruno Hoffman, maître du glass harmonica. Hors-la-loi reste une partition assez méconnue, à redécouvrir, mais que je ne revendique pas dans son intégralité.» «Philippe garde ma reconnaissance à vie, renchérit Davis, car il a quasiment brûlé ses meubles pour financer les séances d’Hors-la-loi. Toutefois, contrairement au Choc, le film n’a pas été sauvé par sa partition. Dans certains passages, elle est à côté de la vérité. Pour l’expression des sentiments, Philippe est totalement à son aise. Quand il s’agit de se rapprocher culturellement de la génération des personnages, c’est moins dans ses cordes. Mais je plaide coupable : la musique est la conséquence, la résultante d’un film lui-même boiteux, à la construction trop répétitive. C’était ambitieux mais pas abouti. Mais, quoiqu’il arrive, j’ai la nostalgie de cette époque, des enregistrements démentiels à Abbey Road, des somptueux buffets nocturnes qui nous attendaient à notre retour du studio, dans la suite de Sarde à l’hôtel Dorchester. J’aimerais tant renouer avec Philippe et ressusciter nos équipées sauvages… De tous les compositeurs de cinéma, c’est celui qui sait le mieux parler aux cinéastes. C’est enfin, et surtout, le dernier seigneur d’une race en voie d’extinction.»
Propos recueillis par Stéphane Lerouge
A l'Origine
Columbia
Disponible le 9 novembre.
Film (infos). En salle le 11 novembre.
2ème film français pour Cliff Martinez après "Espion(s)", de Nicolas Saada, sortie en début d'année (édité par Kuskus).
Le Concert
Columbia
Disponible.
Film (infos). En salle le 4 novembre.
2ème collaboration entre Armand Amar et le réalisateur Radu Mihaileanu après "Va, vis et deviens" en 2005 (édité par Naïve). Cette édition propose le score, quelques morceaux de musiques classiques et autres issus de la bande son et des extraits des dialogues.
The House That Screamed (La Residencia) / Who Can Kill A Child ? (Quien Puede Matar A Un Nino ?)
Singular Soundtrack (Infos)
Disponible le 13 novembre. Double cd. Ed. limitée à 1 000 ex.
Films réalisés en 1969 (infos) et 1976 (infos) : La résidence / Les révoltés de l'an 2000.
Le score de "La residencia" est totalement inédit alors que celui de "Quien puede..." a précédemment été édité en LP par Hispavox à la sortie du film puis repris en cd en 2002 par Subterfuge Records. Cette édition propose le même contenu que le LP et le cd ainsi que le score dans son intégralité.
A Town Called Hell / Savage Pampas
Singular Soundtrack (Infos)
Disponible le 13 novembre. Double cd. Ed. limitée à 1 000 ex.
Films réalisés en 1971 (infos) et 1966 (infos) : Les brutes dans la ville ou Les aventuriers de l'ouest sauvage / La pampa sauvage.
Ces deux scores sont totalement inédits.
Lady Caroline Lamb
Singular Soundtrack
Disponible le 13 novembre. Edition limitée à 1 000 ex.
Film réalisé en 1972 (infos) : Lady Caroline Lamb.
Ce score a précédemment été édité plusieurs fois en LP puis repris en cd en 2004 par EMI (couplé avec "Murder on the Orient Express"). Cette édition propose le même contenu.
















